Qui Est Le Père De Carole Achache – Souvent, le registre du jeu aide à transmettre ce qui est éludé par peur, par pudeur, par trop de souffrance dans le registre de la réalité, et cela en raison de l’intimité d’un sujet documentaire et des drames qui peuvent en découler qui y est lié. Récemment, le réalisateur tunisien Kaouther Ben Hania a fait appel à des acteurs pour dialoguer avec les personnages d’un documentaire décrivant le destin d’une mère plus grande que nature et ses relations tendues avec les hommes et ses propres filles dans son film Les Filles d’Olfa (2023).
La réalisatrice Mona Achache a également utilisé cette technique dans son film Little Girl Blue, amenant les spectateurs à supposer que la nature volatile des liens mère-fille nécessite une certaine forme de distance émotionnelle. Le drame commence le 1er mai 2016, lorsque sa mère, Carole Achache, 63 ans, est retrouvée pendue dans son appartement.
Elle a laissé à sa fille des tonnes de paperasse, notamment des photographies, des lettres, des films et des enregistrements audio, ainsi que la question obsédante, écrasante et paralysante de savoir pourquoi elle s’est suicidée. Il existe des milliers de pages de documents à votre disposition. Ils donnent des pistes, des découvertes, des surprises. De plus, ils donnent accès à des profondeurs auparavant inaccessibles.
Ils reconstituent une image de la mère à laquelle la fille n’avait pas toujours accès. Sûrement débordée et incapable de se mettre au centre de cette recherche, Mona Achache imagine pourtant une manière singulière de procéder. Une intervention pour aider. Une comédienne qui prêterait ses traits à ceux de la mère défunte, pour commencer à raconter l’histoire de la perte du personnage dont elle s’approprie peu à peu.
Un acteur prêt à jouer le médium en enfilant les vêtements et le parfum de la mère et en jouant des épisodes de sa vie afin de canaliser l’esprit de la mère. Le nom de cette actrice est Marion Cotillard, ce qui rend le tout encore plus sensible. Marion Cotillard est ramenée à la vie par la réalisatrice Mona Achache afin que le public puisse comprendre ce qui a poussé la mère du personnage à se suicider.
Son film est une œuvre d’art cinématographique à la fois hilarante et passionnante qui donne la parole à toutes les femmes victimes. L’héritage que ma mère m’a laissé est un mystère ; c’est l’histoire de la façon dont nous nous sommes rencontrés et avons grandi séparément. Elle était inhabituelle dans le sens où elle aimait exclusivement les autres homosexuels. Elle était écrivain et éditrice chez Gallimard.
A travers mon regard de jeune, j’ai pu vivre une période unique de la vie intellectuelle et littéraire de l’après Libération. La littérature, la politique, l’amitié et la mauvaise foi sont liées ensemble aux chevilles. Le Parti communiste, le petit nombre d’Espagnols exilés pour la plupart, s’est présenté chez elle, rue Poissonnière, lorsqu’elle a commencé son histoire d’amour avec Juan Goytisolo, quand j’avais trois ans.
Un raz-de-marée de personnes extraordinaires qui ont cherché l’indépendance après la guerre. J’étais en leur compagnie sans me rendre compte du privilège dont je jouis. Elle et ses crises de colère. Ma féminité et moi. Quand je pense à elle, je ressens de l’affection. Adultes seulement chez moi, s’il vous plaît. Elle disparaît, ma mère. Si tu veux me montrer tes défauts, tu dois me dire la vérité.
Elle marmonne quelques estimations approximatives. La nature intelligente de mon cosmos le distingue, mais il ne m’éclaire sur rien. Bon, je l’avoue : je tombe. Je suis assez en colère. Quand est-ce que cela a commencé ? Où dois-je aller à partir d’ici ? Nous ne rompons pas. C’est elle qui s’en va. Elle sacrifie son être même. Elle m’offre ses journaux en cadeau. Soudain, je découvre un trésor.
Je les lis et je les comprends. Je comprends maintenant, mais c’est trop tard. Je ne peux pas prononcer un mot pour le moment. Je ne dis rien. Ce que j’ai vécu me gêne. Par hasard, j’ai découvert qu’elle aussi était silencieuse. Ce roman parle de calme. Peut-être que je ne l’aime plus. Elle l’a probablement surprotégée. Monique Lange est son nom et elle a une apparence éthérée.
Elle pourrait vivre sans pénis, sans seins, sans sang ni sperme. Pourtant, j’ai son ascendance. Ma société idéale est celle dans laquelle les gens ne sont jamais obligés de cacher qui ils sont ou ce qu’ils ont fait. L’histoire racontée dans “Fille de” est la recherche d’une femme sur le sens de la relation complexe mère-fille.
L’auteur explore dans les petits carnets Hermès de sa mère pour retracer la croissance de leur connexion, l’autre côté du miroir. Notre curiosité est piquée par cette mère, issue de la libération d’après-guerre, qui a donné à son propre enfant l’espace d’explorer et de mûrir à son rythme dans un monde déjà trop sérieux pour elle.
Grâce au développement de Monique dans le milieu de l’édition, sa fille a l’opportunité de grandir parmi des auteurs célèbres comme Jean Genet et Violette Leduc, mais elle ne devient jamais une enfant elle-même. Monique, vierge à 23 ans, choisit de passer sa vie avec des hommes quine s’intéresse qu’aux autres hommes, tandis que sa fille déflorée de 13 ans, Carole, va se perdre dans une sexualité téméraire.
La mère, Lange, est asexuée et sa fille, la jeune vendeuse d’hôtel, sera une femme. De ses débuts dans l’édition à sa relation avec « l’écolier », la figure paternelle ne s’est guère apaisée, en passant par ces amours impossibles avec les hommes « d’hommes », Monique Lange est le sujet principal du premier volet de cette « enquête » familiale.
La deuxième partie suit la jeune fille alors qu’elle traverse une adolescence troublée, commettant de petits délits et faisant des crises de colère explosives. Il ne fait aucun doute que sa mère admire sa féminité confiante et son esprit vif, mais les mystères entourant sa relation avec Juan, le père de substitution, obscurcissent la dynamique mère-fille.
L’écrit est peut-être omniprésent, mais c’est lui qui, à terme, libérera cette « fille de » de son insurrection et lui apprendra à s’aimer et à aimer tout simplement. Un récit personnel et honnête qui, on ne peut que l’espérer, aidera l’auteur à comprendre sa mère et les mystères qu’elle représente.
Pour Sautet, Losey et Tavernier, où elle était employée comme photographe de plateau, elle faisait partie intégrante de l’équipe. La Plage de Trouville est son deuxième roman, après La Femme indienne de Cortès (Robert Laffont, 2002). Monique Lange, romancière, scénariste et éditrice née à Paris en 1926, est décédée en 1996.
Biographie
Henri Bergson et Emmanuel Berl étaient deux cousins juifs de Monique Lange. Elle a émigré en Indochine lorsqu’elle était jeune. En 1960, elle signe le Manifeste des 121, une « Déclaration sur le droit à l’insubordination dans la guerre d’Algérie » qui appelle à la destruction du gouvernement algérien.
Elle a signé le Manifeste des 343 en 1971 et milite depuis pour la légalisation et la décriminalisation de l’avortement. Poissons-chats (1959) et Les Platanes (1960) ne sont que deux des nombreux ouvrages dont elle est l’auteur et qui ont été acclamés par la critique. Sa biographie d’Édith Piaf (1988) et celle de Jean Cocteau : Prince sans royaume (1989) ont été publiées de son vivant.
Elle collabore à la revue des Temps Modernes et travaille comme rédactrice chez Gallimard. Elle est co-scénariste des films Vanina Vanini (réalisé par Roberto Rossellini), La Prisonnière (réalisé par Henri-Georges Clouzot) et La Truite (réalisé par Joseph Losey). Ses écrits sont également parus dans La revue du cinéma.
Elle est mariée à l’écrivain espagnol Juan Goytisolo 2, avec qui elle travaille fréquemment, et à la mère de l’écrivain Carole Achache, qui a écrit d’elle un portrait émouvant, Fille de (2011). L’actrice française Monique Lange est décédée d’une crise cardiaque le 7 octobre 1996, à l’âge de 70 ans.
Le décès de l’auteure Carole Achache, qui connaissait Violette Leduc depuis qu’elle était toute petite au début des années 1960, a été une triste nouvelle à partager avec le monde en 2016. L’enfant de Monique Lange est sa meilleure amie. Carole témoignera sur ses liens avec Violette le vendredi 17 octobre à 19 h, dans le cadre de la table ronde des commentaires des écrivains.
L’atmosphère d’un espace donné change au moment où elle entre. Elle vous sourit aussi chaleureusement qu’une bouilloire lorsque son couvercle est soulevé. Elle a fini de compter. Il y a un silence avant qu’il me salue. Carole Achache, qui a connu Violette Leduc lorsqu’elle était enfant et s’est inspirée de son œuvre La Bâtarde (Gallimard, 1964), livre son propre portrait de l’auteure.
Une lectrice « éprouve de la joie » après avoir lu son ouvrage, comme le dit Violette Leduc. Un auteur extraordinaire que j’ai rencontré. Elle se démarque certainement. Violette reprend le contrôle de sa vie. Elle a été témoin oculaire de la folie de l’époque, mais aussi du lien terrible qu’elle partageait avec sa mère.
Les participants à la conférence « Cinquante ans de La Bâtarde » en 2014 ont pleuré en entendant l’histoire de Carole. (consultez la page de la conférence ici pour plus de détails). L’auteur dresse dans ce livre un portrait fascinant de sa mère littéraire, amie à la fois de Genet et de Faulkner.
Il dresse une image claire de la ou des décennies des années 1960 et 1970. Sa voix, son rythme et son style resteront gravés dans la mémoire de tous ceux qui ont lu quelque chose de Monique Lange (1926-1996). Certes, ses écrits sont significatifs. Il ignorait les précédents créés par des œuvres comme Le Poisson-chat de Gallimard, Les Cannibales en Sicile, La Petite fille à la moustiquaire ou Les Cabanes de bain.
Monique Lange a laissé une impression indélébile sur tous ceux qu’elle a rencontrés avec son sourire éclatant et ses cris de joie avant de s’effondrer dans une dépression sans fin. Elle était une réalisatrice née. Elle adapte La Truite de Roger Vaillant (Gallimard, 1964) pour son amie la cinéaste JoSeph Losey.